STIMULATION DES DEFENSES NATURELLES DES PLANTES (SDN)

SOMMAIRE

I. Définition des éliciteurs

II. Les différents types d'éliciteurs

III. Liste non exhaustive d'éliciteurs commercialisés

IV. Intérêts et limites de la SDN.

DES SITES A CONSULTER !

QUESTIONNAIRE

MES REFERENCES

I. Définition des éliciteurs

Les éliciteurs sont des molécules extraites d'organismes vivants (plantes ou microbes) ou issues de la chimie de synthèse. Ils déclenchent chez les plantes, par l'intermédiaire de récepteurs cellulaires, des transductions intracellulaires. Ceci mène à une stimulation des défenses des plantes : il s'agit d'une action préventive.

En appliquant un éliciteur sur une plante, on peut renforcer son équilibre et stimuler ses défenses naturelles. En quelques heures ou quelques jours, les éliciteurs déclenchent successivement trois échelles de défense par l'intermédiaire de signaux systémiques tels l'acide salicylique ou l'éthylène :

1. La réponse hypersensitive (nécrose des cellules infectées).

2. La résistance locale (nécrose des cellules dans un périmètre plus large).

3. La résistance systémique acquise (résistance de toute la plante). Des protéines comme les pathogenesis-related proteins sont alors produites pour renforcer les parois cellulaires et freiner le pathogène. La résistance dure ensuite plusieurs semaines.

Il existe également des potentialisateurs, comme le BABA, qui ne déclenchent que les premières étapes de la résistance induite après application. Le potentialisateur appliqué permettra, lors d'une attaque ultérieure, une réponse plus rapide et efficace de la part de la plante.

Mode d'action d'Actigard

II. Les différents types d'éliciteurs

Les éliciteurs sont de natures polysaccharidiques, lipidiques ou (glyco)protéiques.
Deux types majeurs d'éliciteurs polysaccharidiques ont été identifiés : des glucanes et la chitine provenant des parois fongiques et les oligogalacturonides dérivés de la pectine des parois végétales.

La chitine

Parmi les éliciteurs de nature lipidique, on trouve l'acide arachidonique et d'autres acides gras insaturés.

Enfin, dans les types d'éliciteurs protéiques on trouve principalement les élicitines et les harpines.

Elicitines, harpines

III. Liste non exhaustive d'éliciteurs

Le mildiou

Principe actif (éliciteur)
Provenance de l'éliciteur
Produit commercialisé contenant l'éliciteur
Laboratoire ou société
Sur quelle(s) plante(s)l'utiliser ?
Contre quelles attaques ?
harpine
bactéries, micro-organismes
Actigard
Syngenta
?
mildiou, bactériose
laminarine*
algues brunes
Iodus 2
Goëmar
blé, orge
septoriose, piétin verse, oïdium, mildiou
A.S.M (Acyl Benzolar-S-Méthyl)
?
Bion 50 WG
Syngenta
blé, tomate
oïdium (blé), bactériose (tomate)
?
extraits de Reynoutria sachalinensis
Milsana*
Schaette
testé sur des plantes ornementales
oïdium, mildiou
laminarine
algues brunes
Stifénia
Funegrec
vigne
oïdium
?
extraits d'algues
Plantalg*
Plantin
céréales, pois, soja, melon
parasites

* ont également une activité fongicide ou insecticide et pas seulement de stimulation des défenses.

La bactériose

IV. Intérêts et limites de la SDN.

INTERETS LIMITES (PROVISOIRES?)
  • Un effet potentiel sur la réduction des fréquences d'apparition de phénomènes de résistance sur les populations cibles. Les pesticides sont confrontés à ces problèmes tandis que l'emploi d'éliciteurs provoque une multitude de réponses de la part de la plante.
  • La SDN fonctionne sur un grand nombre d'espèces végétales et contre des champignons, virus, bactéries.
  • Les résultats positifs de ces produits doivent contribuer à diminuer l'impact des pratiques agricoles sur l'environnement et à diminuer les intrants potentiellement dangereux pour la santé du consommateur et surtout de l'utilisateur. En effet l'application de produits stimulant la défense des plantes devrait permettre de réduire l'utilisation de produits phytopharmaceutiques. Les SDN s'inscrivent donc largement dans la réduction des pesticides avec la loi de Grenelle et le plan Ecophyto 2018.
  • Certaines plantes ne peuvent être traitées qu'à un stade physiologique particulier.
  • La nature et l'intensité des défenses induites par ces éliciteurs dépendent de la plante, du degré de polymérisation et de la concentration appliquée.
  • A partir d'une certaine pression parasitaire, la SDN ne suffit pas.
  • Il n'y a pas toujours de réponse immunitaire de la part de la plante à cause de son état de stress.
  • Iodus 2, pour le blé et l'orge !

    Les éliciteurs restent encore peu commercialisés mais les produits des laboratoires comme Goëmar, Syngenta, paraissent intéressants.
    Il y a encore des recherches à faire et il faut davantage promouvoir ce genre de méthodes dites naturelles.
    Enfin, la SDN pourra-t-elle devenir une stratégie auto-suffisante ? Pour l'instant, nous en sommes encore loin et devons combiner cette technique à d'autres techniques (lutte biologique, lutte chimique...).

    DES SITES A CONSULTER !

    Document de l'INRA sur les SDN
    Article de Spectrosciences sur les SDN
    Article du CNRS sur les SDN
    Pour élargir le sujet : voir le livre La Résistance chez les plantes de Nicole Benhamou
    Pour consulter le site de Goëmar cliquez ici
    Pour consulter le site de Syngenta cliquez ici
    Les Amis de la Terre : article sur l'utilisation des extraits de plantes
    Tout sur les purins, les infusions, et les décoctions de plantes utilisables comme SDN
    Découverte de l'IBBM de Montpellier : le Lapp 6, un nouvel éliciteur ?
    Aller sur la Bibliothèque des sciences agronomiques : article sur la stimulation des défenses naturelles pour les arbres fruitiers

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    Goëmar Syngenta Schaette Fenugrec

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    MES REFERENCES

    Viviane Michaud, le 16 décembre 2009.
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